Union Départementale CGT de La Creuse
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intervention 21 mars (Dagard et privés d’emplois)

vendredi 31 mars 2017, par Cancigh Serge

Barret Eric, Délégué syndical à l’usine Dagard à Boussac

Dagard est un fabricant et installateur de panneaux d’isolation pour chambres froides et salles blanches blanches depuis 60 ans, la société se situe à Boussac dans le nord-est de la Creuse.

En 2010 Dagard c’était 453 salariés, aujourd’hui la société n’en compte plus que 360. Cette suppression d’effectifs est due aux départs à la retraite non remplacés, aux ruptures conventionnelles à tout va, aux licenciements... j’en passe et des meilleures !

Sur ces 360 salariés nous ne sommes plus qu’une centaine d’agents de production ; les autres étant du personnel administratif, sachant que dans certains de ces services, les salariés ne sont pas mieux rémunérés que la production. Chez nous il y a 53 cadres, bonne moyenne n’est-ce pas ?

Dagard c’est 500000 € de C.I.C.E. distribué, de l’argent public dont personne ne peut justifier l’utilisation... Et l’emploi dans tout ça ? Cet argent n’a aucunement servi à l’embauche... au contraire.
Quelques investissements matériels, et l’humain dans tout cela ? Le travail se multiplie pour ceux qui reste mais pas le salaire !
Aujourd’hui les salariés subissent des pressions de la part de leur hiérarchie à cause de la surcharge de travail et aussi des mutations de poste... On ne vous laisse pas le choix ! Il faut dire que la moyenne d’age du personnel est assez élevée sachant que dans les 5 prochaines années il y aura environ 70 départs à la retraite. Alors qu’attend la direction pour embaucher ? A l’heure actuelle ce sont les agences d’intérim qui embauchent et il y a eu des propositions chez nous en accord avec la direction. Bien sûr des embauches au S.M.I.C. sans 13ème mois etc... Le jour où il y aura une
baisse d’activité dans la société on dira à la personne que l’on a plus besoin d’elle et elle se retrouvera à disposition de la boite d’intérim pour faire des missions quelconques. Encore unavantage pour les patrons !

Dagard, entreprise aux salaires trop bas, engendre des bénéfices non négligeables à sesactionnaires... Et le salaria dans tous ça ? Aucune reconnaissance pour le travailleur, le profit au capital... Est-ce normal ?

Actuellement nous savons que l’usine est en vente mais nous n’en savons pas plus et on ne nous dit rien. Il faut savoir que Dagard est la plus grosse entreprise de la Creuse malgré ses pertes d’effectifs d’année en année. Quel avenir la société nous réserve ? Pensons à nos camarades de GM&S, personne ne souhaite se retrouver dans une telle situation.

Pour Dagard ainsi que pour ses salariés, la présence d’un service public de proximité est indispensable, l’électricité via EDF, la distribution et l’envoi de courrier via La Poste et les autres... nous permet chaque jour de pouvoir travailler dans des conditions saines et durables. Sans cela l’industrie boussaquine, comme celles d’ailleurs sont vouées à disparaître. La privatisation de ces services est une erreur sans nom ! Chacun d’entre nous doit en prendre conscience. Pas d’industries sans services publics, pas de services publics sans industries.

Soyons solidaires et mobilisons nous de plus en plus nombreux pour être plus forts dans nos actions. Je vous remercie camarades de votre attention.

Marie-France Catherine, responsable des privés d’emplois et précaires de la Creuse.

Attention, LE Chômage n’est qu’un symptôme de la volonté de destruction du modèle social français.
Nous sommes tous concernés, ne pas imaginer qu’il y a les chômeurs d’un côté et salariés de l’autre.

Avec 6 578 400 Privés d’emploi et Précaires recensés à fin janvier 2017 « avec les Dom », soit un taux de chômage de 9,7% de la population active ce sont plus de 12 millions de demandeurs d’emploi en France et travailleurs pauvres occasionnels qui vivent avec un revenu en dessous du seuil de pauvreté soit : 1 008 euros mensuels.
Un petit rappel : Seuls 2 400 000 DE sur les 6 578 400 inscrits à Pôle emploi sont indemnisés par la convention de 2014.

A fin décembre pour la Creuse, Pôle emploi recensait près de 9 750 DE toutes catégories.
Les contrats courts sont de plus en plus nombreux.
Les personnes au RSA sont de plus en plus nombreuses,
comment vivre avec 450 euros mensuels ?.
Les formations bidons servent à masquer le nombre réel des sans-emploi.
Les seniors et les jeunes sont les plus touchés.
Les offres d’emploi en Creuse restent précaires

Depuis le 7 mars les négociations de la nouvelle convention chômage ont repris. Le MEDEF avance avec un Bulldozer fou dans ces négociations avec ses propositions NÉFASTES ET INACCEPTABLES :

  • Pour les travailleurs en activité réduite, un « lissage » des droits qui se traduit par la perte de 200 euros par mois pour les revenus au SMIC ;
  • Pour les seniors, le MEDEF veut repousser à 59 ans l’ouverture de droits à 36 mois d’indemnisation et les limiter à 24 mois avant cet âge ;
  • Un contrôle plus drastique et plus dur contre les privés d’emploi
  • La question sur l’abus des contrats courts est renvoyée à la définition d’un indicateur négocié par branches ; autant dire à jamais…

Nous à la cgt nous exigeons :

  • Une surcotisation sur les contrats courts ;
  • Un déplafonnement des contributions sur les salaires de plus de 12.000 euros ;
  • Une taxation des ruptures conventionnelles qui masquent pour beaucoup des licenciements ; etc.
  • NOUS DISONS non à la normalisation & à la généralisation de la précarisation du travail

La preuve est là, le patronat mise sur un accroissement incessant de la précarité sans se soucier de la violence que cela risque de provoquer, sans compter tous les facteurs de déstabilisation politique qui affecteront non seulement notre région ALPC, notre pays mais bien au-delà, c’est déjà en cours.